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Absentéisme : le recours aux médecins de contrôle, un bon remède?

Publié le jeudi 6 décembre 2018 , www.lagazettedescommunes.com

L'absentéisme dans la fonction publique territoriale : un maux qui ne semble pas trouver de remède. Et si un recours accru aux médecins de contrôle était la solution? La question était débattue au Centre interdépartemental de gestion de la petite couronne, jeudi 29 novembre.

visuel Absentéisme : le recours aux médecins de contrôle, un bon remède?
Rawpixel -Pixabay - CC by SA 2.0

« L’absentéisme, tout le monde en parle, tout le temps, mais on ne trouve jamais de solution. On tourne en rond », pouvait-on entendre ici et là lors de la journée sur le sujet organisée par le centre interdépartemental de gestion (CIG) de la petite couronne, jeudi 29 novembre.

Le sujet lasse et désespère. En cause : les données alarmantes qui pleuvent.

« Toutes n’évaluent pas la même chose et n’ont pas le même échantillon de sondés », nuance Sarah Deslandes, DGA du CIG.  Qui invite pour cela à bien remplir les bilans sociaux : « Les données actuelles sont parcellaires, ce qui crée un manque de fiabilité et alimente le discours ‘on nous cache des choses’. Cela dessert l’image de la fonction publique. » Et c’est, pour bon nombre, ce qui a sans doute conduit au retour du jour de carence…

Efficacité relative des contre-visites

D’autres « leviers de contrôle » pourraient se développer à l’avenir, comme les contrôles de médecins. L’autorité territoriale peut en effet faire procéder à tout moment à la contre-visite par un professionnel agréé, choisi par l’employeur territorial sur une liste établie dans chaque département par le préfet. Le médecin traitant de l’agent ainsi que le médecin de médecine préventive ne peuvent pas procéder à la contre-visite.

Bonne ou mauvaise idée ? Christelle Martin, directrice adjointe chargée du contrôle médical et des recours contre les tiers à Sofaxis observe que seulement 3% des contrôles à domicile et 4,8% des contre-visites au cabinet du médecin ont conduit à une reprise.

« Cela concerne surtout les arrêts courts. L’efficacité de cette procédure est donc toute relative. Toutefois, il est certain que cela a un effet dissuasif, sans qu’on sache le mesurer, sur les collègues. » « Cette dimension symbolique peut avoir plus ou moins d’impact selon les personnes », acquiesce Jeanne Billion, directrice de la santé et de l’action social du CIG.

Le jugement des médecins en question

Mais le faible taux de reprise après une contre-visite ne serait-il pas aussi à lier au fait que les « médecins ne sont pas enclins à juger les décisions de leurs compères », comme l’explique Emmanuel Sürig,  médecin de prévention au CIG.

« Dans l’absolu, il faudrait surtout qu’ils connaissent bien la collectivité dans laquelle exerce l’agent, ses métiers, ses services et les problèmes de santé qui y sont effectivement rencontrés », dit-il. Avant d’ajouter que « la sécurité sociale devrait aussi être transparente sur les médecins qui sont les plus gros prescripteurs ».

Selon Jeanne Billion, des liens plus forts doivent se créer entre les médecins de prévention et les médecins de contrôle. Elle cite l’exemple de la métropole européenne de Lille qui accueille dans ses locaux le médecin de contrôle et fait venir, quand c’est possible, l’agent en arrêt maladie. Ce fonctionnement permettrait de discuter de manière précise du poste de travail de ce dernier et de faire des projections sur la temporalité idéale de sa reprise.

Pour Sarah Deslandes, l’enjeu à court et moyen terme est de suivre finement les évolutions de l’absentéisme localement pour que les collectivités puissent se comparer entre elles, mais aussi au niveau des services, entre unités de travail. Il faudrait ainsi, du point de vue de la DGA « construire dans les DRH et services métiers des indicateurs pérennes dans le temps. La donnée doit être travaillée dans son environnement ».